
Novembre 1957, une poignée d’hommes à bord d’un rafiot surnommé la « granma » en provenance du Mexique débarquent dans le sud est de Cuba. A son bord, le commandant Fidel Castro, ses généraux et un jeune argentin surnommé « El Che » par ses compagnons de fortune. Leur objectif : faire tomber le régime de Batista, le dictateur à la botte des américains au pouvoir depuis XX années sur l’île.
Qui était donc ce bolivien prêt à donner sa vie pour un pays qui n’était pas le sien ? 50 ans après, pour tenter de le découvrir nous sommes partis sur ses traces à Cuba.
Ernesto Guevara de la Serna est né en 1928 à Rosario dans une famille de la petite aristocratie argentine. Petit garçon fragile – il est asmathique- le premier combat qu’il mène sera donc un combat contre lui-même. Sa santé l’empêche d’avoir les mêmes activités que ses camarades et il développe donc une sensibilité différente. Il s’initie très tôt à la photographie et se passionne pour l’archéologie et les peuples premiers. Elève brillant, il entame des études de médecine. En décembre 1951, alors qu’il doit entamer sa dernière année d’internat, sur un coup de tête, il décide de partir en voyage avec son ami de toujours et médecin Alberto Granado. Un voyage dont il ne reviendra jamais vraiment…
Argentine, Pérou, Colombie, Vénézuela… Le voyage initiatique
Les deux compères enfourchent une vieille Norton pétaradante qu’ils baptisent « la pedorosa » (la vigoureuse). Elle va les conduire au cœur du continent sud américain avec ce qu’il comporte de beauté et de fascination des grands espaces mais aussi d’injustices et de répression contre le peuple. Argentine, Chili, Pérou, Colombie, Vénézuela… Ernesto découvre avec effroi, des conditions sanitaires plus que déplorables et la misère des ouvriers obligés de travailler parfois au péril de leur vie pour pouvoir nourrir leur famille. Que ce soit celle qu’il fait sur la route de Chuquicamata, dans le désert d’Acatama au Brésil avec un couple d’ouvriers communistes fuyant la répression et espérant trouver du travail à la mine ou encore celle qu’il fait avec les lépreux de San Pablo au Chili, ses rencontres transforment le futur médecin en un révolutionnaire en puissance. Au bout du voyage, il rentre à Buenos Aires ou il passe son diplôme de médecin. Il s’intéresse de plus en plus à Marx et l’anti-impérialisme américain qu’il nourrissait sourdement lors de son voyage s’impose à lui. En 1953, il repart sur les routes, cette fois il traverse la Bolivie, le Pérou puis l’Amérique centrale. D’abord le Costa Rica puis le Guatemala. Là, il fait la connaissance d’Hilda Gadea Acosta, une péruvienne. Elle deviendra sa femme et ils auront une fille Hildita. Mais, le coup d’État du colonel Castillo Armas, inspiré et armé par les États-Unis, renverse le président Jacobo Arbenz au Guatemala, et met un terme à la réforme agraire.
Des idées à la révolution armée
Les deux jeunes gens réussissent à passer au Mexique. Au même moment également réfugié au Mexique, Fidel Castro, après l’échec de l’attaque de la caserne Moncada le 27 juillet 1953 prépare une nouvelle expédition pour faire tomber Batista. Le 9 juillet 1955, les deux hommes se rencontrent pour la première fois à Mexico. Bien qu’Argentin, celui-ci fera partie de la " colonne ". En sa qualité de médecin.
En décembre 1956, Castro débarque donc avec le Che à Cuba. Che Guevara et ses guérilleros attaquèrent Santa Clara le 28 décembre 1958. Le lendemain, les rebelles s’emparèrent d’un train blindé qui devait ravitailler les troupes de Batista. Aidés par les habitants qui sabotèrent les moyens de communications du dictateur, la victoire des révolutionnaires fut célébrée le jour de Noël. Batista s’exila à Saint Domingue en République Dominicaine.
Le 2 janvier 1959, Che Guevara entra dans La Havane . Il occupera divers postes de premier plan après la prise du pouvoir à La Havane. Procureur puis initiateur de camps de travail, il est l'un des principaux partisans de la répression des opposants, signant l'exécution de centaines de personnes.
Mais ce sont surtout ses diatribes anti-américaines qui marquent le monde et, très vite, l'image du plus célèbre des "Barbudos" devient un symbole universel d'anti-impérialisme, comme lors de son voyage en Algérie, dont l'avocat Tienno Grumbach a été l'un des initiateurs:
En 1965, il quitte brusquement Cuba pour exporter la révolution en Afrique et dans toute l'Amérique latine. Il est donné plusieurs fois mort, avant d'être capturé, le 8 octobre 1967, par les troupes du dictateur bolivien Barrientos. Il sera exécuté le lendemain. le 9 octobre 1967, Ernesto Rafael Guevara de la Serna disparaissait à La Higuera, sous les balles de l'armée bolivienne. Le mythe du Che était né. La jeunesse du monde s'est appropriée la figure de cette légende. Dans les rues de La Havane, on ne voit que des posters du Che. Il y a le portrait du photographe Alberto Korda montrant le Che coiffé d'un béret. Il y a aussi le mien, le Che "hollywoodien" avec son cigare... Quarante ans après sa mort, ce révolutionnaire qui a été capturé et exécuté en 1967 en Bolivie fait toujours parler de lui.
Comment y aller ?
Nous avons tourné le problème dans tous les sens. A cause de l’embargo, il est impossible d’aller à Cuba avec votre propre camping-car. Cependant nous avons trouvé une agence de voyage sur place qui proposent d’en louer. Comptez environ 1000 euros la semaine avec une assurance et le plein.
Agence de voyages La Coronación
Hôtel Copacabana, suite 3210
La Havane, Cuba
tél. 0053 (7) 204 4433
fax 0053 (7) 204 2222
Site internet : www.cubaoui.com
Exemple de prix en basse saison (novembre) :
Mercedes Benz super Brig
4 à 7 jours 130 CUC
Tél. : 00537 204 44 33
Les étapes
Santiago de Cuba
la ferme Granjita Ciboney fut le point de départ de l’attaque de la caserne Moncada des guerilleros de Fidel castro contre les partisans de Batista.
Où dormir ?
Hotel San Juan
Siboney Road Km. 1 ½
Santiago de Cuba
Hotel Versalles
Altura de Versalles Km 1, Morro Road
Santiago de Cuba
Parc national du débarquement du Granma
Plus à l’est, le parc naturel du « Granma » présente des accidents géographiques très intéressants ainsi que des zones d'une exceptionnelle beauté naturelle.
C’est aussi là que le bateau "Granma" débarquant ses 83 occupants à la pointe sud-est de Cuba a marqué pour longtemps l’histoire collective de l’île. Lors de ce voyage, vous parcourrez les sentiers de la Sierra Maestra sur les traces des guerilleros animés par Fidel Castro, Camilo Cienfuegos et Che Guevara, de la plage de Las Coloradas au Pico Turquino (1972 m), le point culminant du massif, et à l’ex-quartier général de la Comandancia de la Plata.
Plus à l’Est, El Uvero symbolise la première grande victoire des révolutionnaires Cubains. Pour les adeptes de randonnée, le Pic Turquino (1972 m) au cœur de la Sierra Maestra est magnifique (une journée de marche ; guide indispensable).
Redescendez par l’autre versant pour rejoindre Yaguajay à Sancti Spiritus où Camilo Cienfuegosa mené l’une des dernières batailles avant l’assaut final à Santa Clara. La place de la Révolution, en hommage au Che au cœur de la ville, parle d’elle-même. La victoire fut célébrée à La Havane.
Profitez-en pour visiter les monuments et musées historiques.
Où dormir ?
Villa Bayamo
Manzanillo Road
Granma
Villa Las Coloradas
Niquero
Granma
ata Cantú
Escambray Counterfort (Estribaciones del Escambray)
Sancti Spiritus
Santa Clara
En hommage à Che Guevara, la ville de Santa Clara, qui se situe au centre de Cuba, a consacré une partie de son architecture au célèbre révolutionnaire. Une immense statue en bronze, Place de la Révolution, accueille les visiteurs afin de commémorer pour l’éternité la mort de Che Guevara tué en 1967 en Bolivie. Son bras est en écharpe pour représenter sa chute d’un bâtiment lors de la bataille de Santa Clara en 1958.
Le monument Che Guevara fut érigé en 1987 ; en-dessous, un mausolée abrite la dépouille du Che depuis 1997 ainsi que les effigies de 38 guérilleros tués au cours de la révolution cubaine.
Une lumière est allumée en permanence près de sa tombe. Allumée par Fidel Castro, elle symbolise la mémoire éternelle du révolutionnaire dans le cœur des cubains.
Ce site est très intéressant à visiter par sa charge émotionnelle et historique mais également pour le petit musée adjacent présentant des souvenirs de la Révolution, dont le matériel de diffusion utilisé par Radio Rebelde que le Che avait installé à La Mesa, dans les montagnes de la Sierra Maestra. Santa Clara est la ville mémoire du Che. Sa femme, Aleida est née dans cette ville. Tous les monuments témoignent de l’affection qui lui est portée. Après son exécution en 1997 en Bolivie, son corps fut ramené à Santa Clara et exposé pendant 3 jours. Une foule formant 5 km de queue se déplaça pour lui rendre un dernier hommage.
Fidel Castro prononça un discours en sa mémoire Place de la Révolution avant que le corps du défunt ne soit acheminé dans le mausolée.
Sur la route qui mène à Remedios, vous pourrez voir un musée installé dans les wagons du train blindé pris par le Commandant Che Guevara aidé de ses hommes. Le bulldozer utilisé pour faire dérailler le train est toujours présent!
L’ancienne caserne où les partisans de Batista se rendirent à Che Guevara héberge un petit musée, le Musée provincial Abel Santamaria.
A faire à voir
Informations Pratiques
Monument Che Guevara
Mausolée et Musée.
Ouvert du mardi au samedi de 9h à 18h.
Monumento a la toma del tren blindado (Monument de la prise du train blindé)
Ouvert du mardi au samedi de 8h à 18h.
Ouvert le dimanche de 8 h à 12h.
Musée provincial Abel Santamaria
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h.
Ouvert le samedi de 9h à 13h.
La Havane
Où dormir ?
- Escaleras de Jaruco Camping
Alturas de Jaruco
La Habana
- El Abra Villa (Villa El Abra)
Jibacoa, North Coast
(Litoral Norte)
La Habana
